Bonjour à tous et à toutes,
Nous avions rencontré Lief au festival d’Angoulême où elle nous avait donné une interview pour le premier numéro de notre magazine « Webtoon Actu » (que vous pouvez vous procurez d’un saut à la boutique de notre site). Lief a été prolixe et nous avons pu réaliser une longue interview, trop longue pour le magazine. Mais vous avez de la chance ! En plus des quatre pages d’interviews dans « WA le Mag » n°1, voici la fin de cette rencontre très intéressante. Un énorme merci à Lief qui, malgré tout le travail qu’elle avait sur la saison 3 de « Because I (can’t) love you » (Bicly pour ceux qui connaissent), a pris le temps d’échanger avec nous et de revenir sur son expérience d’autrice de webtoon !

Lief en dédicace au festival d’Angoulême 2025 sur le stand de la Human Academy !
copyright Human Academy
Tout le début de cette interview se trouve dans notre magazine disponible ici !
[…] WA : Du coup, quand tu es passée à un épisode tous les quinze jours en bimensuel de ton webtoon Bicly sur la plateforme Webtoon Naver, tu as trouvé un rythme qui te convenait plus, qui te laissait du temps pour vivre ?
Lief : Oui, c’est ça. Si javais envie de sortir à un moment, je pouvais le faire car j’avais encore une semaine et demi pour boucler. En fait, comme je n’arrivais plus à écrire mes storyboards, à me poser, à réfléchir, à la création, du coup, un storyboard qui me prend une demi-journée (c’était pas le truc qui me demandait le plus d’énergie), ça passait d’une demi-journée à quatre, cinq jours !
WA: Ca créait une spirale infernale, tu étais épuisée, tu prenais plus de temps, ça te stressait, t’épuisait encore plus et ainsi de suite ?
Lief : C’est ça, il y a des moments, à la fin de la saison 2, les épisodes étaient publiés mais ils n’étaient pas terminés. Quand les lecteurs voyait l’épisode le samedi, en fait, le dimanche ou le lundi, l’épisode était mis à jour avec le vrai épisode finalisé. Je prenais tellement de temps sur le storyboard, puis sur l’encrage, que tout le reste je le faisais dans le rush. Je finissais les derniers jours avec deux à trois heures de sommeil à rusher pour rendre l’épisode à temps. Je rendais l’épisode à 14-15h pour une publication à 16h, ça ne m’étais jamais arrivé avant la fin de la saison 2 ! Normalement, je rendais l’épisode quatre jours à cinq avant.
WA : Quand il y a eu les adaptations en livre, tu as dû aussi fournir un travail pour passer de l’écran à la planche en plus du temps passé à la production d’épisodes ?
Lief : Exactement. C’est ça qui s’est rajouté sur le premier burn-out. Ca a démarré en 2023, la version papier. Quelqu’un s’occupait de la première maquette sauf qu’après, moi je corrigeais, je disais qu’il fallait mettre ceci ou cela plus en avant, je rajoutais des scènes, je refaisais des dessins. Parfois, il y avait trop de textes dans le webtoon. On peut se le permettre en ligne car il y a les bandes blanches. Dans la version papier, on ne peut pas se permettre cela, donc il fallait complètement repenser la mise en page, rajouter des cases, potentiellement les modifier car des fois le sens de lecture ne fonctionnait plus. Heureusement ce problème a été très rare. Je touche du bois, je me dis que j’ai bien fait mon travail sur le webtoon pour que tout ne soit pas cassé en passant au papier. Ça, ça va ! Mais je ne voulais pas sortir une version de mes dessins non refaits. Avec la publication hebdomadaire, on est constamment dans le rush et quand un dessin est mal fait, on n’a pas d’autre choix que de le sortir comme ça. Mais quand on publie au format papier, c’est gravé dans le marbre ! Il fallait quand même que je retouche un peu mais ça, c’était complètement en parallèle du webtoon et c’est aussi pour ça qu’il y a eu la bimensualité en Corée et après quand je suis rentrée, car je travaillais aussi sur le tome suivant. Et puis, c’est devenu un peu un confort d’avoir plus de temps pour pouvoir travailler et sortir des épisodes dont je suis satisfaite.

Un extrait du chapitre 53, tome 4 de la version papier de Bicly paru chez K-Factory
copyright Lief / K-factory / Webtoon Naver
WA : Et puis, ça te laisse le temps d’aller à la rencontre de tes lecteurs et lectrices, comme ici, au festival d’Angoulême. Le fait d’être à Angoulême, d’avoir rencontré le public, d’avoir eu des retours de visu, est-ce que ça ta donné un coup de boost ?
Lief : Oui, complètement ! Puis même en plus des lecteurs, je trouve que le festival de la BD a toujours un truc très entraînant. Il y a juste à voir les gens s’enthousiasmer devant toutes ces BD ! Ou même, voir toutes ces expositions, ça m’a redonné de l’énergie…
En fait, parfois, je me demande pourquoi je fais ce métier, quelle est ma place dans ce métier, qu’est-ce que j’ai à raconter d’aussi intéressant que d’autres artistes. Par exemple, là, au festival, j’ai fait l’exposition de Kamome Shirahama (l’Atelier des Sorciers) et celle de Makoto Yukimura (Vinland Saga). Quand je voyais leurs planches, c’est ce que je veux faire ! Ca peut paraître hyper prétentieux ou bizarre, mais quand je vois les planches de ces artistes-là et ce que je ressens devant, je me dis : « Ouaouh, si j’arrive à avoir une personne qui ressens ça en voyant mes dessins ou mon histoire, et bien j’ai tout gagné ! ». C’est pour ça que je fais ce travail, je trouve ce travail incroyable autant que je le déteste, mais j’aime tellement écrire des histoires, j’aime ça ! Je ne sais pas si ça répond à la question.
WA : Oui, ça y répond bien. Ce n’est pas prétentieux du tout, c’est l’envie d’apporter à d’autre ce que ces artistes t’ont apporté à toi.
Lief : Exactement. Si j’arrive à toucher quelqu’un… Et c’est pour ça que les commentaires me touchent autant. En tant que lectrice, je ressens des choses que j’aimerais dire à des artistes que j’admire. Je suis toujours impressionnée quand c’est un lecteur de mes histoires qui vient me faire ce genre de commentaires. Je me dis : « Mais ouaouh, pourquoi ? Est-ce que je mérite ce commentaire là ? ».
WA : Oui, s’il a ressenti et te l’a partagé, c’est qu’il avait besoin de te faire ce retour. Que peut-on te souhaiter pour 2025 ?
Lief : Pour 2025 ? Finir la saison trois et la publier. Je réfléchis à une date de sortie, ça ne sera pas tout de suite. Mais j’ai une date, une période en tête et je veux vraiment respecter ça. Oui, une fin de saison trois et une bonne conception de mon prochain projet d’édition pour 2026. On croise les doigts.
WA : On te souhaite une bonne publication pour la saison trois et d’avoir autant de retours de lecteurs.
Lief : C’est ça, revenez, revenez ! (rires)
WA : Et on te souhaite plein d’idées pour tes prochains projets.
Lief : Merci beaucoup !
WA : Merci Lief d’avoir pris le temps de nous répondre.

Pour conclure, un beau dessin réalisé par Lief en dédicace.
copyright Human Academy
Vous pouvez retrouver Lief sur Instagram : @lief_art
Et « Because I can’t Love you » dans toutes les bonnes librairies pour les quatre premiers tomes et aussi sur Webtoon Naver pour les deux premières saisons en attendant la troisième !

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